Devenir la meilleure version de soi-même : lubie générationnelle ou acte libérateur ?

Il y a dix jours, Fabrice Midal, auteur du livre « Foutez-vous la paix, et commencez à vivre ! » nous faisait l’honneur d’animer un workshop à l’Empowerment Lab. On y a appris une chose essentielle : se foutre la paix ne veut pas dire se laisser aller à outrance mais faire les choses parce qu’on les aime profondément et pas parce que nous devons répondre à une exigence de perfection, de réussite ou satisfaire aux opinions des autres.

Notre époque hyper connectée a fait de nous les spectateurs quotidien du « tout est possible ».

Dès lors, devenir la meilleure version de soi-même consisterait à s’épanouir en pleine conscience de ses envies, de ses ambitions et de ce qui nous rend profondément heureux. Pourquoi est-ce important? Parce que notre époque hyper connectée a fait de nous les spectateurs quotidien du « tout est possible ». Malgré les filtres et l’affichage de nos vies enjolivées sur les réseaux sociaux, la culture de l’échec ne semble jamais avoir été autant mise en avant, les cas d’entrepreneurs ou d’artistes à succès partant de rien en bricolant leurs idées dans leur chambre se multiplient, et la myriade de TEDx disponible sur Youtube nous prouve quotidiennement que n’importe qui, ou presque, a les capacités de  changer le monde à son échelle.

Ainsi, à quoi bon vivre une vie où tous les jours se ressemblent, où nous sommes remplaçables en un claquement de doigt dans la sphère professionnelle, où nos actions n’ont souvent aucune valeur ajoutée pour nous ou la société, et où nous suivons des chemins par défaut dépourvus de sens quand un champ des possibles immense se trouve juste à côté!

Dans mon cas, la création de mon entreprise me donne parfois l’impression désagréable de me transformer en  pur produit de la génération Y…

 

Alors peut-être que de loin, la tendance au vivre-mieux et à l’envie de réaliser ses rêves apparaît comme une lubie générationnelle qui aurait enfanté d’une horde d’entrepreneurs, changemakers, artistes, youtubeurs, influenceurs ou autres gourous du bien-être à peine sortis du berceau et dont la légitimité reste à prouver…

Dans mon cas, la création de mon entreprise me donne parfois l’impression désagréable de me transformer en  pur produit de la génération Y  que je méprisais il n’y pas si longtemps: entrepreneure avec ma seule détermination pour expérience, en pleine crise d’adultescence, inadaptée à l’entreprise et à son fonctionnement, prêchant  l’indépendance comme ultime valeur mais vivant encore grâce au soutien de ma famille et de la société, recherchant  l’épanouissement et l’accomplissement personnel comme quelqu’un qui se serait un peu trop éloigné des réalités de la vie et recevant chaque nouveau like sur Facebook ou follower sur Instagram comme un validation de mon projet et de ma valeur personnelle.

Mais de près, tenter de devenir la meilleure version de soi-même et d’accomplir ses rêves traduit une tendance sociétale de fond très saine basée sur l’évolution, le dynamisme, la foi en l’avenir et la capacité grandissante de chacun à prendre des risques, à oser et donc à innover! Or c’est bien l’immobilisme, l’inertie,  la stagnation et la résignation qui rendent la société malade et la gangrène. Dès lors, la transition sociétale que nous sommes en train de vivre permettrait à elle-seule de légitimer les décrocheurs du modèle actuel qui tentent de répondre à leur inadaptation par l’initiative individuelle en se créant un monde dont ils ont les clés de lecture et avec lequel ils sont en phase.

Si vous ne vous mettez pas en avant, qui le fera pour vous ?

 

Alors oui, décider de devenir la meilleure version de soi-même, de réussir et de réaliser ses projets appelle intrinsèquement à se mettre en avant, à fortement croire en soi et à défendre ses convictions, car personne d’autre ne le fera pour vous. Mais loin d’être une quête futile de reconnaissance, cette philosophie est porteuse de principes consistant  à travailler sans relâche, à essuyer dix échecs pour une réussite, à dépasser les déceptions, à constamment se remettre en question mais surtout à persévérer.

Loin de prêcher les excès du mouvement qui tenteraient de nous transformer en machines individualistes et aseptisées, je suis cependant persuadée que c’est en étant mu par la volonté d’être meilleur chaque jour et en cultivant cette philosophie de vie  que nous pourrons progressivement changer le monde.

Tolstoï écrivait «tout le monde veut changer le monde mais personne ne pense à se changer soi-même», Ghandi «soit le changement que tu veux voir dans le monde» et ma grand-mère «balaye devant ta porte». En d’autres termes, la solution est en nous et ce n’est qu’en multipliant les épanouissements individuels que nous pourrons tendre vers  l’émancipation collective.

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