Qu’est-ce que la réussite ?

« Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse ». Le jour où j’ai entendu Abd Al Malik prononcer cette phrase sur le plateau de Laurent Ruquier, j’eu ce sentiment de clarté formidable éprouvé lorsque quelqu’un ordonne parfaitement en quelques mots le chaos de vos pensées. J’ai compris que la réussite résidait plutôt dans la croissance que dans la victoire, plutôt dans l’itinéraire que dans la destination, plutôt dans la persévérance que dans l’échec. J’ai toujours été fascinée par les gens qui agissent, qui réussissent selon leurs propres règles et qui vont au bout de leurs rêves malgré l’apparent marasme économique et social. Que cela soit les artistes, les activistes, les reporters, les politiques, les entrepreneurs ou les bénévoles d’association, ces personnes prouvent qu’il y a encore des choses des construire, des rêves à réaliser et des milliers de façons de s’accomplir.

 

Voir quelqu’un réussir, c’est voir se réfléchir nos propres échecs, limites et manque d’engagement.

 

Mais pourquoi souhaitons-nous tout réussir alors que nous sommes au premier abord très résistants au changement, que nous cultivons une certaine aversion au risque et que nous adorons rester confortablement installés dans notre zone de confort ? Que cela soit dans l’ascétisme le plus total ou l’opulence ostentatoire, il semblerait que la réussite soit le résultat de la congruence de sept facteurs auxquels l’espèce humaine aspirerait universellement : la liberté, la coopération, la créativité, le contrôle, la résilience et la persévérance.

Pour cette raison, la réussite génère soit l’admiration,  l’action et la motivation, soit l’envie, la jalousie et le mépris selon le niveau de confiance en soi, d’amour-propre et de bienveillance. Car en effet, par système de naturel de comparaison, voir quelqu’un réussir, c’est voir se réfléchir nos propres échecs, limites et manque d’engagement. Pourquoi eux et pas moi ? Dans de nombreux cas, nous préférons donc nous en remettre à l’injustice plutôt qu’au chantier colossal d’une remise en question profonde, qui est pourtant le seul gage de notre émancipation.  Car réussir, c’est tout d’abord accepter de renoncer à une vie de plaisirs et de distractions pour atteindre une situation d’accomplissement plus exaltant et profond.

A parti d’un revenu annuel de 67 000€, votre niveau d’épanouissement n’est plus proportionnel à vos rentrées d’argent.

 

Le problème est que nous considérons les facteurs de réussite comme des matières premières telles que l’eau, le bois ou le café. Nous pensons que ce sont des ressources épuisables et donc divisibles et sommes convaincus que la réussite est un gâteau à partager et qu’il convient de s’accaparer une part par tous les moyens afin de d’éviter se retrouver avec des miettes. Cette croyance provient en partie de l’héritage reçu de la révolution industrielle où le statut social et le capital financier régnaient en maître sur le royaume du succès et définissaient notre position sur l’échelle de la réussite.

En effet, nous sommes encore trop nombreux à penser que le succès émane de facteurs externes comme la reconnaissance, la position hiérarchique et le pouvoir d’achat. Or les récentes études sur l’épanouissement et l’accomplissement personnel ont bien montré que l’argent et le statut social n’étaient le garant exclusif du bonheur. En effet, l’Université de Princeton a démontré qu’à partir d’un revenu annuel de 67 000€, le niveau d’épanouissement et le sentiment de réussite n’étaient plus proportionnels aux rentrées d’argent.

Dès lors, nous comprenons que le succès véritable et pérenne est intimement lié au bonheur, à l’épanouissement et au sens que nous donnons à notre vie. Le documentaire Happy a tenté de mettre en exergue ce qui nous rend heureux et nous enseigne l’importance du sentiment d’appartenance à une communauté, la santé, le sens que l’on donne à sa vie, l’amour de son travail, les repères et le sentiment d’amélioration personnelle. Loin des considérations binaires, la réussite serait donc le résultat d’un équilibre complexe entre succès sociétal et épanouissement personnel.

« J’aimerais que tout le monde puisse devenir riche et célèbre et faire tout ce dont ils ont toujours rêvé pour comprendre que ce n’est pas la solution. » Jim Carrey

 

C’est donc là que nous en revenons à nos sept facteurs de réussite que sont la liberté, la coopération, la créativité, le contrôle, la résilience et la persévérance. Contrairement à toute autre forme de richesse matérielle, nous nous rendons compte qu’utiliser et transmettre ce capital de valeurs ne fait que nous rendre plus riches et prospères. L’étalon de la réussite n’est plus basé sur des ressources épuisables mais sur des ressources infinies qui se multiplient et se reproduisent de manière exponentielle lorsqu’elles sont consommées.

Dès lors, peu importe le niveau de vie, la classe sociale ou le diplôme, la réussite est accessible à tous pour peu que l’on en accepte son caractère principalement endogène et que l’on fasse le deuil de la flatterie de nos égos qui nous poussent à poursuivre des reconnaissances éphémères. Viktor E. Frankl comme Abd-Al Malik a pu le résumer efficacement en une phrase : « On ne peut pas poursuivre le succès pas plus qu’on ne peut poursuivre le bonheur. Le succès, comme le bonheur, ne sont que les effets secondaires du dévouement que l’on manifeste pour une cause plus grande que soi-même. »

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